Consulat général d'Australie
Nouvelle-Calédonie - Polynésie française - Wallis & Futuna
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Gelam Nguzu Kazi - Dugong, mon fils

► Une exposition itinérante originale fait escale en Nouvelle-Calédonie

Le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (CPS) et le lycée agricole de la Nouvelle-Calédonie accueilleront respectivement, du 19 février au 16 mars et du 21 au 30 mars, une exposition itinérante exceptionnelle de linogravures produites par la communauté Kubin de l’île de Mua, dans le détroit de Torres.

Première exposition de ce type conçue pour le compte du ministère des Affaires étrangères et du Commerce australien par ArtBank, « Gelam Nguzu Kazi – Dugong, mon fils » est composée de trentre-trois impressions qui fixent, sur un support visuel, la tradition orale de cette communauté indigène australienne qui vit à mi-chemin entre la côte nord de l’Australie et la frontière méridionale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Dans ce détroit du grand nord australien où chaque île a ses propres histoires et ses propres mythes, une grande variété de scènes prennent vie sur ces œuvres réalisées selon une méthode dite « à la poupée », qui permet aux artistes un traitement à base de plusieurs couleurs.

L’objectif de cette exposition, présentée dans le monde entier à travers le réseau diplomatique australien, est de faire reconnaître, au plan international, la culture des populations du détroit de Torres et d’assurer la promotion de leurs œuvres.

A travers cette opération, le consulat général d’Australie est fidèle à sa volonté de promouvoir la culture australienne en partenariat avec les institutions présentes en Nouvelle-Calédonie. S’associer pour l’occasion à la Communauté du Pacifique qui oeuvre, depuis tout juste soixante ans, à la reconnaissance, à la protection et à la promotion des cultures du Pacifique offre ainsi une belle vitrine à cette exposition.

Permettre aux populations vivant hors de Nouméa de profiter d’opérations culturelles ponctuelles est également un des objectifs du consulat. L’escale de cette exposition pendant huit jours à Pouembout participe de cette volonté et s’inscrit dans la continuité de la décentralisation du festival de courts métrages aborigènes qui se déroule chaque année début juillet.

► La mer, les esprits et les ancêtres

Les petites îles silencieuses du détroit de Torres sont cernées par deux énormes masses de terre : la Nouvelle-Guinée au nord, l'Australie au sud. Les insulaires vivent leur vie sans que le monde extérieur ne les remarque.

C'est pourtant là qu'en 1991, des groupes indigènes ont modifié à tout jamais la nature du droit australien en défiant la plus haute cour de justice d'Australie. Ils ont en effet refusé de reconnaître le concept juridique de Terra Nullius, l'idée alors en vigueur selon laquelle les terres et les eaux australiennes n'appartenaient à personne avant leur annexion par la couronne britannique.

Les ancêtres des insulaires d'aujourd'hui sont arrivés dans le détroit de Torres il y a au moins 3500 ans ; ils ont transformé définitivement ce paysage marin parsemé d'îlots volcaniques, d'atolls coralliens et d'îles marécageuses.

On ignore encore qui étaient exactement ces premiers colons. Au nord, les Papous étaient présents depuis des dizaines de milliers d'années mais ils ne possédaient apparemment pas la technologie maritime nécessaire à coloniser les îles du détroit de Torres. Au sud, les peuples aborigènes étaient également présents depuis des dizaines de milliers d'années mais ils n'ont pas non plus colonisé les lointaines îles du détroit.

Qui étaient donc les ancêtres reculés de ceux qui habitent aujourd'hui les îles du détroit de Torres ? D'où venaient-ils ? Et pourquoi ont-ils soudain occupé ces petites îles restées inhabitées pendant des milliers d'années ? Malgré plus de trente ans de recherches archéologiques, c'est seulement maintenant que des indices commencent à resurgir sur cette première phase historique.

Les insulaires du détroit de Torres occupent une position géographique assez particulière. On les considère souvent comme un peuple intermédiaire, pris entre deux univers, ni tout à fait mélanésien, ni aborigène. Cette vision est pourtant réductrice car les insulaires du détroit de Torres constituent une ethnie à part entière, avec une vie sociale très riche qui leur a permis d'élaborer avec le temps leurs propres pratiques culturelles.

Les premières traces archéologiques datent d'il y a un peu plus de 3500 ans : on les a découvertes sur l'île de Badu et sur un petit îlot au large de sa voisine Mabuiag. Ces vestiges nous apprennent à quelle époque les colons ont réalisé leurs visites d'exploration et donc de quand datent les débuts de la vie villageoise sur les îles. La population résidente était alors très limitée et, au départ, seules quelques îles devaient être habitées.

Selon les découvertes archéologiques, c'est il y a 2500 ans qu'est apparue une population abondante dans les extrémités nord, est et ouest du détroit, sur les îles de Saibai, Dauar, Badu et Pulu. La population s'était tellement développée qu'on en trouve les traces dans des sites répartis à travers tout le détroit de Torres.

Il est clair que, depuis l'arrivée des premiers colons jusqu'à nos jours, les insulaires du détroit de Torres ont toujours été un peuple de la mer. C'est ce que révèlent de manière incontestable les grandes quantités de coquillages et les reliefs de tortue et de dugong retrouvés sur les sites.

A travers tout le détroit, il semble que les arrivants commençaient par brûler la végétation pour transformer une forêt très dense en prairies sur lesquelles les villages étaient alors construits. Il y a 700 ans, la population était devenue si abondante que beaucoup de nouveaux villages furent créés, ainsi que de nouveaux sites rituels : alignements de pierre sacrés et arrangements de mâchoires de dugong, dans des endroits choisis avec soin, à l'écart des villages.

La principale innovation dans la vie spirituelle semble cependant dater d'il y a 400 ans : d'énormes monticules d'ossements de dugong furent alors construits, ce qui indique un renforcement de l'interaction physique et spirituelle avec la mer et ses habitants.

Avec l'arrivée des missionnaires, dans les années 1870-80, beaucoup de rites secrets associés à ces sites et à leurs esprits durent disparaître mais le caractère sacré de la mer s'est maintenu jusqu'à notre époque, tout comme la connaissance locale de la fécondité sacrée du monde.

© The authors and Mura Badulgal Native Title Corporation 2005
Bruno David and Ian J. McNiven / Programme for Australian Indigenous Archaeology School of Geography and Environmental Science / Monash University. Le texte complet dont ce passage est extrait a été commandé par Griffith Artworks dans le cadre des recherches menées pour le projet SESSERAE, et publié après consultation et autorisation de la Mura Badulgal Native Title Corporation, Badu Island.

► Présentation technique de l’exposition

Nombre d’œuvres exposées
Trente-trois.

Type d’œuvres
Linogravures polychromes (édition limitée).

Artistes
Dennis Nona (34 ans), Victor Motlop (46 ans), Billy Missi (37 ans) et David Bosun (34 ans) sont tous des artistes originaires des Iles du détroit de Torres dont la linogravure est le mode d’expression favorite.

Provenance des œuvres
Art Bank, l’agence gouvernementale australienne qui acquiert chaque année des œuvres contemporaines afin de soutenir la création et les loue aux administrations publiques, aux entreprises privées ou même aux particuliers. Ces gravures ont été louées au ministère australien des Affaires étrangères et du commerce qui a confié à sa section de promotion des cultures indigènes le soin de monter cette exposition et de la faire tourner à travers le réseau diplomatique australien.

Lieux d’exposition
Du lundi 19 février au vendredi 16 mars, salle d’exposition temporaire de la CPS, à l’Anse-Vata, tous les jours de la semaine de 9 à 16 heures sans interruption, entrée libre et gratuite.
Du mercredi 21 au vendredi 30 mars, Lycée agricole de Nouvelle-Calédonie, à Pouembout, tous les jours de la semaine, de 9 à 11 heures et de 14 à 16 heures, entrée libre et gratuite.

Vernissages (sur invitation)
• Nouméa : le mardi 20 février, à 18.30, en présence de Mme la consule générale d’Australie.
• Pouembout : le mercredi 21 mars, à 18.30, en présence de Mme la consule générale d’Australie.

► Liens Internet

1. Le lien suivant vous donne accès à une version pdf du catalogue à partir de laquelle vous pourrez choisir, si vous le souhaitez, une reproduction destinée à l’illustration de votre papier.

Nous vous remercions par avance de bien mentionner le nom de l’artiste et celui de son œuvre.

Seule est autorisée la reproduction de photos destinées à la promotion de l’exposition.

http://www.dfat.gov.au/divs/iab/gelam/small_brochure.pdf

2. Vous trouverez ci-après quelques sites qui évoquent les Iles du détroit de Torres

http://www.dfat.gov.au/facts/indg_overview.html

http://www.ozoutback.com.au/postcards/tsi.htm

http://www.tsra.gov.au/www/index.cfm

► Contacts

Consulat général d’Australie
PHILIPPE BOISSERAND
Chargé de la Diplomatie publique
Tél : 27 01 39
Fax : 27 80 01
Mobile : 82 27 99
philippe.boisserand@dfat.gov.au 

Secrétariat général de la Communauté du Pacifique
ROSITA HOFFMANN
Chargée de la communication
Tél : 26 20 00
Fax : 26 38 18
Mobile : 79 04 42
mailto:RositaH@spc.int